Le jeune âge est réputé celui des vagabondages de l’imagination, hors des carcans de la raison. On dit aussi que les personnes créatives ont conservé « une part » de leur enfance…
C’est à ces qualités fugaces de l’esprit que le Petit festival se consacre cette année à des projets ignorant les barrières du style ou du genre.
Ainsi, d’après le roman de Fénelon, la création du Télémaque raconte, en musique et par la voix d’une chanteuse et d’une comédienne trégorroises, les aventures du fils d’Ulysse.
De jeunes collectifs musicaux à la réputation déjà solide (nés notamment dans le riche vivier musical lyonnais), nous relient à des époques lointaines grâce à de nouvelles formes captivantes qui revisitent la littérature musicale ou les mythes.
Le quatuor à cordes Les Récréations tire le fil qui relie Palestrina à Mozart, tandis que l’impressionnante Odile Edouard plonge dans une savante généalogie du répertoire pour violon.
Toutes les enfances ne sont pourtant pas placées sous le signe de la joie et du rire. On suit aussi les turpitudes subies par la jeune Henriette d’Angleterre, exilée et délaissée dès ses premières années à la cour de France. Sa musique fut longtemps son unique luxe – avant que le sort ne lui rende son statut de princesse.
Moults ris et douce mélancolie nous berceront, presqu’une semaine durant, en compagnie de petits humains facétieux et de jeunes instruments dont on re-découvrira, ébahis, tous les échos méconnus.
