Le jeune âge est réputé être celui des vagabondages de l’imagination, hors des carcans de la raison. On dit aussi que les personnes créatives ont conservé une part d’enfance. C’est à ces qualités fugaces de l’esprit que le Petit Festival se consacre cette année, à travers des projets ignorant les barrières du style ou du genre, associant musique et conte, plongées imaginaires et musicologiques.
En ouverture du festival, La Capriola, jeune collectif lyonnais à la réputation déjà solide, nous emporte en Italie du Sud pour une fête nocturne. Le lendemain, dans Harlou, ils nous relient à des époques lointaines grâce à de nouvelles formes captivantes qui revisitent la littérature musicale et les mythes.
Odile Edouard plonge dans une surprenante généalogie du répertoire pour violon solo, En attendant Johann Sebastian Bach, tandis que Les Récréations tirent le fil reliant Mozart à ses inspirateurs, à travers l’émergence du quatuor à cordes.
Avec Les Aventures de Télémaque (création), les voix de Maïlys de Villoutreys et de Camille Lejeune nous emmènent sur l’île de la nymphe Calypso et racontent, en musique et à travers les pages du roman de Fénelon, les aventures du fils d’Ulysse.
Toutes les enfances ne sont pourtant pas placées sous le signe de la joie et du rire. Avec Ayumi Nakagawa, nous suivons les turpitudes subies par la jeune Henriette d’Angleterre, exilée et délaissée dès ses premières années à la cour de France. La musique demeure longtemps son unique luxe — avant que le sort ne lui rende son statut de princesse.
Le Petit Chœur de Son ar mein et la bande de cornets et sacqueboutes menée par Adrien Mabire, évoquent la prière de trois enfants que Nabuchodonosor veut immoler par le feu, avant que les voix de Violaine Le Chenadec et Paco Garcia viennent éclairer le concert par une Nativité de Schütz.
Moult rires et douce mélancolie nous bercent également, en compagnie des musiciens de Son ar mein, lors de deux balades.
